Martin Luther est né le 10 novembre 1483 dans une petite ville de Saxe au sein d'une famille modeste. Sa jeunesse fut marquée par deux événements: À 19 ans, alors qu'il se déplace dans une contrée où les attaques de brigands sont fréquentes, il se blesse gravement avec son épée. L'hémorragie est stoppée à temps, mais il prend conscience, à la fois qu'il a échappé de peu à la mort, et que tout ce qui l'entoure est vanité. À 22 ans, il subit un 2e incident: l'orage, la foudre frappe et il frôle une fois de plus la mort. Une peur folle s'empare de lui.
Luther cherche alors la paix au travers d'un ascétisme sévère chez les moines de St Augustin: période de 10 ans qui lui permettra de lire la Bible et de comprendre que Dieu est le Créateur de l'univers, une personne vivante qu'il lui faudra rencontrer un jour. Et cette pensée l'effraie. Plus encore, il prend conscience de l'absolue sainteté de Dieu. Face à un tel niveau d'exigence, Luther se demande comment un tel Dieu pourrait se satisfaire d'un à-peu-près de la part de l'homme. Combien de bonnes oeuvres doit-il accomplir pour pouvoir espérer un jour être reçu par Dieu?
Il découvre alors avec douleur qu'il est impossible de franchir la distance infinie qui sépare l'homme pécheur du Dieu saint. Quand Luther réalise qu'il ne pourra jamais satisfaire totalement la justice de Dieu, le désespoir le saisit de nouveau, et il dira plus tard, relatant cette période de sa vie: "J'étais alors l'homme le plus malheureux sur terre."
En 1545, Luther écrit: "Enfin, Dieu me prit en pitié. Je commençais à comprendre que "la justice de Dieu" signifie: la justice que Dieu donne et par laquelle le juste vit au moyen de la foi." Cette justice qui nous est acquise gratuitement et dont Dieu nous revêt, Jésus Christ nous l'a acquise sur la croix où il a porté le jugement contre nos péchés comme notre substitut. Et Luther écrit alors: "Aussitôt, je me sentis renaître et il me sembla être entré par des portes largement ouvertes dans le paradis même... Autant j'avais détesté ce terme de justice de Dieu, autant je chérissais maintenant ce mot si doux."
Luther va plus loin: cette justification n'empêche pas le croyant de pécher, mais il va dès lors chercher à accomplir les oeuvres de Dieu. Parce qu'il est justifié et donc sauvé, les oeuvres deviennent une conséquence du salut, et non un moyen pour se l'approprier. Luther a ainsi découvert le sens de la justice divine, ainsi que la gratuité du salut par la foi, bases du vrai christiannisme.